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DIAGNOSTIC

La LLC était le diagnostic le plus fréquent et le kappa de tous

les experts était largement supérieur à 0,81, témoignant d'une

excellente concordance avec les diagnostics de référence. Les k

les plus faibles étaient observés pour la leucémie à plasmocytes

(expert 2 : k= 0,5) et pour la leucémie pro lymphocytaire T

(expert 2 et 3 : k= 0,5).

L'expert 1 avait une plus grande concordance avec les

diagnostics de référence (tableau 2).

Discussion

Depuis la première démonstration à la fin des années 80 (1),

la télépathologie est devenue un domaine en croissance

permanente, surtout au cours de cette dernière décennie.

Cette technologie ayant fait l'objet de plus d'un millier de

publications, est de nos jours, de plus en plus utilisée et fait

même partie de la routine de certains laboratoires.

Dans nos pays à moyens limités, la cytologie occupe encore

une place de choix pour le diagnostic des hémopathies

malignes. Très souvent, l'hématologiste a besoin d'un

second avis voire d'autres avis (experts) pour conforter son

diagnostic. L'avènement de la télépathologie a grandement

facilité cette approche permettant la disponibilité en quelques

heures de commentaires de spécialistes (6). La plate-forme

de télépathologie i-Path a été développée à l'Institut de

pathologie de l'hôpital universitaire de Bâle en Suisse, en tant

qu'outil accessible permettant des échanges et des discussions

en temps réel mais aussi servant de support pour la formation

continue (6, 7).

Dans la littérature, très peu de données existent sur

l'application générale de la télépathologie dans l'évaluation

morphologique des frottis sanguins. Les obstacles majeurs

relevés sont : la qualité des frottis sanguins (étalement comme

coloration) nécessitant des techniciens expérimentés, la bonne

résolution du microscope utilisé et des biologistes qualifiés afin

d'obtenir des captures d'images claires et interprétables (8).

Dans notre étude, des images de frottis sanguins ainsi

que des graphes de cytométrie ont été téléchargés dans la

plateforme et analysés par 3 experts. La concordance entre les diagnostics de référence était excellente avec un coefficient k=

0,90. La précision diagnostique était meilleure avec l'expert 1,

elle était parfaite pour la leucémie à plasmocytes, le lymphome

splénique à lymphocytes villeux, la leucémie pro lymphocytaire

T et la leucémie/lymphome T de l'adulte et excellente pour les

autres syndromes lymphoprolifératifs avec un k supérieur à

0,81. Il faut souligner que comparé aux autres experts, l'expert

1 faisait déjà partie de plusieurs groupes de discussions dans

i-Path et avait de ce fait de l'expérience dans le diagnostic

basé sur des images digitales. La concordance de diagnostic

était très bonne avec l'expert 2 (k=0,75) et à la limite de

l'excellence pour l'expert 1 (k=0,81). Tous experts confondus,

la bonne concordance pourrait être expliquée par le fait que

les images de frottis sanguins étaient accompagnées par des

graphes de cytométrie permettant d'apporter une précision

supplémentaire. Concernant quelques cas de LLC, la FISH était

même disponible. Les coefficients moyens (k=0,5) obtenus par

les experts 2 et 3 pour certaines pathologies étaient expliqués

par la taille de l'échantillon qui était faible (entre 1 et 3 patients

par type de pathologies).

Les SLP T n'ont pas très souvent un phénotype typique,

leur diagnostic devant être basé sur un faisceau d'arguments

cliniques comme biologiques. Nous avons alors comparé la

concordance globale des diagnostics entre les SLP T et SLP

B, puis entre chaque expert. Toutefois, aucune différence

significative n'a été retrouvée (p=0,11).

Malgré la très bonne concordance avec les diagnostics

de référence, notre étude comporte des limites. Elle a été

conduite dans un seul hôpital avec un nombre limité de cas

pour un groupe nosologique de pathologies. Nous n'avons pas

étudié le biais lié à l'opérateur, même si c'est le même technicien

qui a effectué tous les frottis et le même biologiste, toutes les

captures d'images ainsi que leur envoi dans la plateforme.

Néanmoins, nous restons convaincus que la télécytologie, à

travers la plateforme, i-Path est accessible et constitue un outil

avec une bonne fiabilité.

Au cours de ces dernières années avec le développement

de la technologie, les images statiques sont en train d'être

supplantées par celles dynamiques avec l'utilisation des lames

scannées permettant une vision panoramique et donc une

meilleure précision des diagnostics (8, 9, 10).

Conclusion

Notre étude montre une très bonne concordance entre les

diagnostics de référence et ceux des experts prouvant que la

télépathologie à travers la plateforme i-Path est parfaitement

adaptée et applicable aux frottis sanguins avec une bonne

fiabilité. L'utilisation de cette technologie ne se limite pas aux

avis diagnostiques mais pourrait également servir à l'éducation,

avec la disponibilité de banques d'images, mais aussi à la

56 CANCER CONTROL FRANCOPHONE 2021

Tableau 2: Concordance entre le diagnostic de référence et celui

des experts

Coefficient de concordance k

Diagnostic de référence Expert 1 Expert 2 Expert 3

LLC 0,93 0,93 0,88

LZM 0,65 0,65 1

LSLV 1 1 *

LP 1 0,5 1

SS 0,81 0,78 0,81

LPL T 1 0,5 0,5

ATLL 0,81 0,81 0,68

LT CD30+ 1 0,81 0,81

Total 0,9 0,75 0,81

*L'expert n'a pas donné de diagnostic

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