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Matériels et méthodes

La cohorte de stagiaires

Indépendamment de leur date d'adhésion au GFAOP, toutes

les équipes contactées, malgré leur petit effectif interne,

ont accepté de déléguer 3 ou 4 stagiaires, en respectant la

règle de la pluri professionnalité (au moins 2 professions

différentes) et du volontariat. Nous avons ainsi pu réunir un

groupe composite de 19 unités d'oncologie pédiatrique (UOP)

provenant de 15 pays inclus dans l'Afrique francophone, à la

fois subsaharienne (11 pays, 12 unités) et maghrébine (4 pays

incluant la Mauritanie, 7 unités) (Tableau 1).

Etat des lieux

A cette fin, un questionnaire en deux volets a été adressé à

toutes les UOP. Concernant la douleur, des questions semiouvertes

portaient sur les habitudes et les moyens de prise en

charge de la douleur, en mettant l'accent sur la disponibilité

et l'usage de la morphine, considérée comme l'antalgique de

choix dans ce contexte. Concernant les soins palliatifs, les

équipes étaient interrogées sur leur définition et le moment où

ils pouvaient être proposés au cours de la maladie.

Le programme d'enseignement.

Le programme d'enseignement avait pour objectif de « mettre

en œuvre, dans les UOP du GFAOP, une démarche pluridisciplinaire

pour améliorer la qualité des soins, la prise en charge de la douleur

et initier ou améliorer une démarche de soins palliatifs chez les

enfants et les adolescents en Afrique ». L'enseignement projeté était

collectif, en 2 séminaires présentiels, de formation initiale prévue en

3 lieux différents (Rabat, Dakar, Abidjan) puis d'approfondissement.

Il intégrait dans son « corpus professoral » des enseignants locaux

et privilégiait les méthodes participatives. Le tableau 2 donne

un aperçu de la composition et de la répartition des équipes

pour les 3 sessions de formation initiale. Prévu pour durer 3

ans, ce programme, débuté en avril 2016, a pu se prolonger

jusqu'en novembre 2019 pour englober le congrès de chirurgie

pédiatrique à Kinshasa.

L'évaluation in itinere

Un processus d'évaluation 6 à 12 mois après la formation

initiale, réalisée par questionnaires et/ou visites sur place,

a cherché à connaître « l'implémentation des projets » de

manière sommaire : l'équipe formée était-elle toujours en place

? Un compte-rendu de la formation avait-il été organisé auprès

des différents autres membres de l'unité ? Une information

dépassant les limites du service avait-elle été entreprise ?

Une analyse critique de l'état d'avancement du projet et des

obstacles identifiés à son implantation correcte pouvait-elle

être avancée ? 2 réponses positives étaient nécessaires pour

considérer que le travail était amorcé. Ses résultats, connus pour 16 équipes, montrent qu'au moment de cette évaluation

précoce, 9 équipes avaient débuté la mise en œuvre du projet.

En fonction de ces données, la session d'approfondissement a

été proposée selon 2 formats pédagogiques :

J Pour les équipes qui avaient débuté la mise en œuvre

de leur projet, une formation collective a réuni à

Marseille en septembre 2018 : 7 équipes (3 du Maroc,

1 de Mauritanie, du Burkina Faso, de Guinée et de Côte

d'Ivoire) afin d'approfondir et de partager l'avancée des

différents projets. Le sujet même d'approfondissement

s'organisait autour d'une présentation critique de

l'avancement du projet d'équipe et développait les thèmes

jugés trop ébauchés lors de la première session, selon les

questionnaires de satisfaction disponibles: accent mis sur

les douleurs provoquées avec une approche médicamenteuse

(protocole kétamine) et « comportementale » (trucs et

astuces développés par les infirmier(e)s). Un groupe

de pharmaciens a par ailleurs élaboré une étude sur la

production locale d'un sirop de morphine stable et titré (8).

En ce qui concerne les soins palliatifs, l'accent a été mis sur

les aspects organisationnels, avec échange d'expériences

(France / Ouganda), exposés de cas cliniques.

J Pour les équipes qui n'avaient pu débuter cette mise en

œuvre, une formation in situ a été proposée afin d'aider

à identifier et à circonvenir les obstacles. Elle a été

développée lors de journées spécifiques (Bamako, Niamey,

Bangui), en s'appuyant le cas échéant, sur des jumelages

effectifs (Tana, Lomé, Yaoundé). Elle a constitué l'ossature

d'une journée infirmière en marge du congrès de chirurgie

pédiatrique organisé à Kinshasa, en novembre 2019.

5 équipes n'ont pu bénéficier de la deuxième session ; 3 pour

des raisons de non obtention de visa (Casablanca, Lubumbashi,

Kinshasa), 2 par désintérêt à ce stade.

Analyse et commentaires

Intérêt d'une démarche palliative

Ce programme abordait de manière explicite le problème fort

peu documenté des soins palliatifs pédiatriques en Afrique

notamment francophone, par le biais de l'intégration de cette

approche dans des habitudes de soins construites dans une

perspective curative.

Tout en actant et en ménageant une place réaliste aux enfants

que l'on ne saurait pas guérir, l'objectif était aussi d'améliorer

l'ensemble de la prise en charge, en mettant l'accent sur le

traitement des symptômes, notamment de la douleur, et en

veillant à ajuster les intentions thérapeutiques aux moyens

disponibles. Il s'appuyait en cela sur les déclarations de l'OMS

statuant que les soins palliatifs ne doivent pas être réservés

aux seules phases terminales, qu'elles sont une composante

de la qualité de soins, et que l'accès des enfants aux soins

CANCER CONTROL FRANCOPHONE 2021 91

FORMATION ET E-LEARNING

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